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- Editorial du Président : Le Souvenir
Vendéen célèbre ses 75 ans Le 6 juin 1832, le
Château de La Pénissière fut le théatre du dernier
combat de la Vendée, que lon désigne encore sous les termes
de « Fort Alamo » ou « Camerone » vendéen. Le
choix de ce lieu, le 30 octobre 1932, pour la pose de la première plaque
du Souvenir Vendéen, pouvait prêter à confusion, aussi le
Dr Charles Coubard, son fondateur, tenait alors à souligner que notre
Association ne devait être ni un parti politique, ni lorgane
dune fidélité dynastique. Ouvert à tous, le
Souvenir Vendéen devait avoir pour seul objectif de marquer notre
attachement à nos traditions et à notre passé. Le
Président Jean Lauprêtre, qui lui succédait en 1966,
confirmait cette volonté lorsquil affirmait « nos
activités sont placées sur les seuls plans religieux, moral et
historique ». Nous ajoutons « propres aux territoires réunis
sous lappellation de Vendée Militaire ». Devoir de
mémoire donc pour conserver nos Traditions malmenées voire
niées par la Société actuelle. Devoir de
mémoire vis-à-vis de notre Histoire, celui qui ne sait pas
doù il vient ne pourra choisir où aller. Devoir de
mémoire enfin vis-à-vis de la Religion qui animait nos
ancêtres « pro aris et focis » (pour nos autels et nos
foyers). Le succès remporté par la commémoration de la
Pénissière, le samedi 6 octobre, et la Journée à
Maulévrier, le dimanche 7 octobre, montre assez clairement que nous
restons fidèles à la pensée du Dr Coubard, toujours
prêts à agir. La journée du 7 octobre fut ouverte par
une émouvante messe chantée, en léglise Saint
Jean-Baptiste de Maulévrier, célébrée par
labbé Jean-Marie Mérieau, curé de la paroisse,
présidée par Mgr Cesbron qui, outre une homélie de grande
qualité, nous fit lecture dune lettre du Nonce apostolique au nom
de notre Pape Benoît XVI. (voir synthèse en pages 38 à 45
de ce numéro).
Curés et maires du Pin, de 1789 à 1832
Il sagit de « bonnes feuilles » consacrées aux
hommes déglise et aux administrateurs de la commune du Pin Barlot
(Deux Sèvres), pour la période qui nous est chère,
extraites du 1er tome dune monographie publiée par notre
adhérente Noëlle Poupin, aux Editions Pays et Terroirs de Cholet.
On y rencontre un curé réfractaire emprisonné au moins
trois fois, un vicaire mort en Virée de Galerne, un curé jureur
fuyant sous la protection de la troupe, devant la vindicte de ses ouailles, un
maire fidèle à la république tué à la
bataille des Aubiers le 13 avril 1793, et bien dautres figures hautes en
couleur.
Entre
grâce et disgrâce, le sort des prisonniers (1793) En
août 1792, les paysans qui sétaient rendus, suite au
soulèvement de la Saint Louis, avaient été sauvagement
massacrés. Par ailleurs, dès le 19 mars 1793, la Convention
décrétait que « ceux qui sont ou seront prévenus
davoir pris part aux révoltes
ne peuvent profiter des
dispositions des lois »
larticle II stipule
quarrêtés les armes à la main, ils seront mis
à mort dans les 24 heures suivant la reconnaissance du fait.
Malheureusement les évènements qui suivront, démontrent
que le seul fait dêtre prévenu menait à la mort.
Ces constats allaient-ils donner lieu à vengeance ? Si dans les tous
premiers jours du soulèvement on a à déplorer quelques
exactions, grossies par la propagande des bleus, la réponse est «
non ». Tant à Thouars, quà Fontenay, ou à
Saumur, les prisonniers furent respectés. Très vite cette
mansuétude savéra néfaste aux Vendéens qui
retrouvaient le lendemain, face à eux, ces graciés de la veille.
Pourtant lautorité des chefs permettra de préserver la vie
des prisonniers. Bien plus motivant encore, rendre coup pour coup aurait
été déplaire à Dieu. On pourra argumenter que
cétait le temps de la Victoire, qui facilite la mansuétude.
Après léchec de Nantes, tout va progressivement changer. A
compter de juin 1793, la prise de pouvoir par les Montagnards, à la
Convention, va conduire à la radicalisation de la guerre. Par ailleurs
on trouve de plus en plus, chez les blancs, de combattants étrangers qui
ne partagent pas les valeurs morales des Vendéens. En réponse
aux surenchères de Barère, le Conseil supérieur royaliste
est amené à brandir la menace de représailles. Les bleus
massacrent, égorgent, les chefs vendéens décident que
lon ne fera plus de prisonniers. Les batailles du Pont-Barré ou de
St Fulgent confirment cette évolution. Cependant le geste de pardon
de Bonchamps, avant dexpirer à St Florent, souligne combien
à cette époque encore la vie des prisonniers fut respectée
dans la Vendée. La Virée de Galerne va conduire à une
lente décomposition, au moral comme au physique, de ce qui fit la
grandeur de lArmée Catholique et royale. Les massacres
répondent aux massacres, il nest plus question que de survie.
En conclusion, nous dirons que si la République avait
délibérément choisi, dés le mois de mars 1793,
quil ny aurait pas de prisonniers, coté vendéen la
politique dexécution des prisonniers tint plus aux circonstances
quaux hommes. Cette étude approfondie du sort des prisonniers au
cours de lannée 1793, due à Mr Fabian de Montjoye, est
remarquable de par sa très grande honnêteté à
légard des deux camps, au-delà des polémiques
manichéennes habituelles.
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