- REVUE : année 2009 -

  Numéro 246 - mars 2009
 
 


En couverture, illustration de René F. Follet, extraite de la Petite Histoire des guerres de Vendée, représentant  la mort de Mr Henri, accompagnée en deuxième de couverture d’une  notice à propos de cet évènement cruel.

Quelques vérités historiques de bases, dans son éditorial notre président J. de Dreuzy souligne combien, de 1789 à 1799, les assemblées révolutionnaires furent peu démocratiques et par suite peu représentatives de la population. Il en alla de même pour la nomination des évêques telle que voulue par la Constitution civile du clergé, qui pour cela sera, en pays insurgé, massivement rejetée. Paradoxalement, ce sont les Vendéens qui, sous la bannière de Dieu et le Roi, respectent les principes démocratiques : les paroisses élisent leurs capitaines qui eux-mêmes élisent leurs généraux.

Construit pour l’essentiel à partir de données trouvées sur un site internet de l’Assemblée Nationale, notre président y voit matière à augurer qu’un jour l’Histoire, notre histoire, sera enfin libérée de la dictature du politiquement correct, initiée sous la IIIe République, et cultivée au delà.

Sous les titres Les trois mystères de la comtesse de la Rochefoucauld-Bayers et Les amours d’une amazone, Marie-Adélaïde de la Touche-Limouzinière, les auteurs respectifs, Mme Thérèse Rouchette et Fabian de Montjoye, nous donnent de fait le portrait d’une unique héroïne qui fit l’objet d’une pose de plaque commémorative le dimanche 21 septembre 2008 au Puy-Rousseau (proche de La Garnache en Vendée). La vision du personnage à travers le texte de Mme Rouchette est emprunte de romantisme, avant l’heure et malgré les circonstances ; le portrait de Mr de Montjoye est plus biographique mais ne manque pas d’émotion. Après ces lignes on ne pourra plus effacer de son esprit la frêle et belle silhouette s’affaissant sous les balles des « bleus » sur le sable des dunes des Sables d’Olonne, dans la bourrasque qui balaie le remblai. La « fatigue » de la louison aura évité à Marie-Adélaïde que sa jolie tête ne soit séparée de son corps. Le beau portrait de la comtesse qui agrémente le second texte, a déjà été publié en couleurs avec une courte notice biographique en 4ème de couverture du n° 244 de la Revue. 

Esprit et Gabriel Baudry d’Asson, frères ennemis de 1793 par Pierre Gréau : comment deux frères choisiront deux camps opposés poussant au paroxysme leurs convictions idéologiques puisque Esprit, apprenant la mort de son frère Gabriel au combat, s’écriera « j’ai une bonne nouvelle, mon frère, mon parjure de frère, vient d’être tué et m’épargne la peine de le tuer moi-même ». C’est le républicain qui parle.

A travers une généalogie très documentée des Baudry d’Asson de la fin de ce XVIIIe siècle, l’auteur nous montre comment une famille put se trouver, à l’image de bien d’autres familles, et pas toujours de son libre choix, divisée autour de « Dieu et le Roi » ou la République.

Le père de Monfort et la Vendée d’Henry Renoul : sa ferveur dans la foi conduira la population de la Vendée militaire à tout oser, tout entreprendre et à ne jamais renier son Dieu dans les affres les plus terribles. Bien qu’ayant peu prêché sur notre territoire, chacun s’accorde à associer cette foi aux missions initiées fin XVIIe – début XVIIIe par le Père Louis-Marie Grignon de Montfort, ses Sœurs de la Sagesse, ses missionnaires du Saint-Esprit.

Nous célèbrerons la mémoire du père de Montfort le 16 mai 2009 par la pose d’une plaque commémorative sur ce qui fut l’hôpital de Saint-Laurent-sur-Sèvre en 1793 où les religieuses, religieux, médecins et chirurgiens « blancs » soignèrent indistinctement blessés blancs et bleus. Modeste hommage en attendant que ce saint serviteur de Dieu soit admis « Docteur de l’Eglise ».  

A lire dans les Echos du Souvenir Vendéen deux compléments instructifs suite à des articles parus dans le numéro 245 : à propos de Barbey d’Aurevilly et à propos de Louis-Constant Trastour. Toujours dans cette rubrique, lire également le rapport sur les fouilles mises en chantier au Mans sur les fosses ayant recueilli les corps des combattants de la sanglante bataille des 12 et 13 décembre 1793.    

Bibliographie : « La Guerre de Vendée et le système de dépopulation » de Gracchus Babeuf (réédition), « Un secret de famille » de Pierre Dane, « Catherine la Vendéenne » de René Bodreau, « La Vendée militaire en 100 questions » par Sylvain Marcou, « Les cahiers des Mauges, N° 8 », « La révolte brisée. Femmes dans la Révolution française et dans l’Empire » de Jean-Clément Martin, et, « Contribution au bêtisier 2008 des guerres de Vendée » par Sophie de Cambrai.

 


 
  Numéro 247 – août 2009
 
 



En couverture, toujours tiré de la Petite Histoire des Guerres de Vendée (Ed. de Chiré), un aperçu de la cavalerie vendéenne par René F. Follet. Lire en seconde de couverture quelques notes à ce sujet. L’origine des chevaux comme leurs équipements présentaient un caractère parfaitement hétéroclite. 

 

Le devoir de mémoire, le pardon, l’homme chrétien et l’homme nouveau : pour cet éditorial, le Président J. de Dreuzy nous propose une synthèse de l’homélie de Mgr Alain Castet, de l’allocution de M. le sénateur Bruno Retailleau et de sa propre allocution prononcées à l’occasion de l’Assemblée générale du 11 mai 2009. Sans mémoire le pardon ne peut s’accomplir. Par ailleurs les actes de pardon surhumains des Vendéens inspirent une espérance réconfortante en « l’homme chrétien », alors que « l’homme nouveau » fabriqué autoritairement n’engendre que la bestialité des massacres collectifs. Nous devons demeurer attentifs, dans notre société moderne permissive, soumise au laxisme moral, à la mémoire historique déracinée, à ce qu’un « homme nouveau » plus insidieux ne vienne effacer « l’homme chrétien ».

 

Les exhumations archéologiques des victimes du Mans : point et commentaires, par Michel Chatry, à propos des ossements de victimes des combats et massacres des 12-13-14 décembre 1793, mis à jour récemment aux Jacobins. Un ossuaire au cimetière et un monument commémoratif aux Jacobins sont préconisés. Quelle sera la position de la Mairie du Mans ? Nous tiendrons informés nos lecteurs des décisions prises.

 

Pierre-Louis de Beauvollier, comte de Sammarçolles (1761-1842), trésorier de l’armée catholique et royale, par Pierre Gréau : Que sait-on de ce chef vendéen haut en couleurs, né le 14 juin 1761 à Beuxes (86), qui aura participé à toutes les guerres de la Vendée. Peu de choses sur sa carrière d’officier volontaire à Dauphin Infanterie avant la Révolution. Comme d’autres, fait prisonnier à Thouars le 5 mai 1793, il rallie l’armée royale et catholique. Lorsque cette armée se dote d’une cellule finances, il est nommé trésorier et commissaire aux vivres. Après le franchissement de la Loire le 18 octobre 1793, avec ses demi-frères Jean-Baptiste et Louis-Pierre il fait partie de la coterie de Lescure. Pendant la virée de galerne il s’emploie au maximum pour assurer l’approvisionnement des combattants et non-combattants. D’abord opposé au prince de Talmond, il semble, après Dol, se ranger dans son parti et il est de ceux qui tentent de rallier Jersey après l’échec devant Granville. Il quitte l’armée, seul, après l’échec d’Angers. Il emporte aussi l’essentiel de la caisse. Il se tient caché, un exploit, jusqu’à la première amnistie de 1794. Peut-être dès cette période, mais à coup sûr après la paix de la Jaunaye, 15 février 1795, il devient agent de renseignement, et même agent double, travaillant pour les royalistes et la Convention. En 1799 il est aux cotés d’Autichamp. A partir de 1800 il mène une existence assez trouble qui débouche sur son arrestation et sa détention en février 1804. Bénéficiant de la protection de son ami l’abbé Bernier il rentre en grâce et accepte même, en 1811, un service administratif dans l’armée impériale qu’il abandonne lors de l’évacuation de Moscou. Fait prisonnier et conduit auprès de Koutousof, il bénéficie de l’admiration que le maréchal porte aux chefs de l’armée vendéenne, mais aussi des renseignements qu’il fournit sur Napoléon et sa Grande Armée. Il rentre en France le 15 novembre 1814. Il participe au soulèvement de 1815. Vient ensuite le temps des justifications, mais il saura retomber sur ses pieds … Il décède au Mans le 11 mai 1842, s’étant révélé « un soldat courageux, un amoureux impénitent, un maître de l’intrigue et un remarquable manipulateur de fonds ».

En annexes, les trois interrogatoires de son demi-frère Jean-Baptiste, à Angers, par la commission militaire établie près l’Armée de l’Ouest, condamné à mort, et le récit coloré, par le comte Brunet de Neuilly, de sa rencontre avec Pierre-Louis en mars 1815.

 

A la Caraterie, les 5-6 juin 1832. par Thérèse Rouchette : sorte de journées de dupes, qui aboutissent à « la minuscule bataille du Chêne » et surtout au pillage de la Caraterie.

 

Encore au sujet de Léon-Constant Trastour : dans les Echos, ne pas manquer ce complément incontournable, par Jean-Pierre Guibert, suite à la publication de l’Odyssée de ce jeune essartais, par Jérôme Biteau, dans le N° 245.

 

Bibliographie : Combats de Chouan, Terrien cœur de lion, par Tanneguy Lehideux – Geste Editions ; Les protestants de Vendée par Jacques Marcadé – Editions du Cvrh ;  Luçon dans la Guerre de Vendée, de l’allégresse révolutionnaire à la désillusion, par Raymond Williaume - Editions du Cvrh. 

 

    

 
  Numéro 248 - septembre 2009
   
 


L’épopée vendéenne et le cinéma : dans cet éditorial, Michel Chatry, rédacteur en chef de la Revue et vice-président, fait un inventaire décevant quant à la place de la Vendée dans le cinéma tant étranger que français, et cherche à en analyser les raisons. Il rêve au final qu’un grand metteur en scène, de bons acteurs, une télévision courageuse nous gratifient d’une série reprenant les grands moments de l’épopée vendéenne. Pourquoi faudrait-il que cela demeure seulement un rêve ?

Contre-insurrection dans l’Ouest (1793 – 1801) : le chef d’escadron Ronan de Cadoudal, descendant de Joseph Cadoudal frère de Georges, dans le cadre du Collège Interarmées de Défense (CID, anciennement Ecole supérieure de guerre), s’appuyant sur le vécu de la Vendée Militaire et de la Chouannerie, propose une réflexion sur la naissance de la  guerre irrégulière, l’échec des méthodes brutales pour en venir à bout, le compromis politique allié à l’innovation tactique comme voie de sortie du conflit.
La contre-insurrection dans l’Ouest, si on la réexamine de manière dépassionnée s’avère riche d’enseignements susceptibles d’inspirer encore aujourd’hui des réflexions profitables à ceux qui sont engagés dans les actions politico-militaires de notre temps. Telle est la conclusion de cet officier supérieur.

La terrible odyssée de Marie-Madeleine Jouffrion (1750- 1822) : Jean Artarit, avec son talent habituel, nous livre la terrible saga de cette femme née à la Chapelle-Thémer, diocèse de Luçon. Elle aurait pourtant pu connaître un tout autre destin en épousant Jean-Baptiste Desmoulins. Mais c’est à Pierre-François Jouffrion qu’elle s’unit. Possesseurs d’une petite fortune terrienne, les Jouffrion occupent une place en haut de la société, voire sont assimilés à la noblesse. Elle-même est un beau parti. Pierre-François Jouffrion choisira, ainsi que toute sa famille, de lutter pour Dieu et le roi, et sera un leader local de l’opposition à la politique révolutionnaire.
Prisons, combats, fuites, traversée de la Loire et virée de galerne, Marie-Madeleine survivra à tout cela, et parviendra même à relever sa maison, reconstituer une partie de sa fortune, mais au final elle aura perdu son mari, et de ses dix enfants un seul aura survécu, Philippe-Henry qui avait émigré.
Le malheur n’a pas épargné les autres membres de la famille, des treize Jouffrion d’avant la révolution, il ne s’en comptera plus que quatre : Philippe-Henry et sa mère d’un coté, les neveux Julie et Louis-Marie son frère de l’autre.
Marie-Madeleine Jouffrion décède le 21 mai 1822, dans sa maison. Autour d’elle il n’y a quasiment plus aucun témoin des terribles jours de 1793 – 1794.

La paralytique de la Saugrenière (23 février 1796) : C. et L. Gosselin nous éclairent sur qui fut Mademoiselle de Grignon et au-delà sur la capture de Stofflet, et, les avatars du marquisat de Pouzauges.
Lorsque les bleus investissent la Saugrenière et s’emparent de Stofflet, ils trouvent également dans cette retraite Jeanne-Gabrielle Grignon, fille de Joseph, chevalier de Pouzauges. Jeanne-Gabrielle, baptisée le 27 décembre 1738 à Pouzauges, est aussi appelée la dame du Cerizier, nom d’un domaine de la paroisse de Neuvy. Paralytique, elle est accompagnée d’une « admirable jeune-fille », Perrette Pineau. Les deux femmes seront malmenées par les bleus, et subiront quelques sévices. On rapporte même que les bleus « chauffèrent » les pieds de Jeanne-Gabrielle qui aurait du son salut au dévouement de Perrette. La paix revenue, elle reviendra au Cerizier, toujours accompagnée de Perrette demeurée fidèle et célibataire. C’est au Cerizier que Mademoiselle de Grignon recueillera son frère et sa belle sœur rentrés d’émigration, dont les biens ont été ruinés.
En annexe I, les auteurs nous donnent une généalogie des Grignon de Pouzauges.
En annexe II, tribulations de la marquise douairière de Pouzauges dans la guerre de Vendée, ou combats pour « sauver ses meubles »
En annexe III, relations Grignon-Guinebertière : Perrette, l’admirable jeune fille, avait une sœur, Jacquine Pineau, elle-même au service du frère aîné de Jeanne-Gabrielle. Après la paix, en 1800, Jacquine épouse Jacques-Pierre Guinebertière de Neuvy qui devient régisseur chez les Grignon-Grignon (mariage d’un Grignon avec la fille de son cousin). La famille Grignon sera reconnaissante pour la fidélité des deux sœurs et de Jacques époux de Jacquine. Il semble que ce soit à cette reconnaissance que leur fils aîné devra de faire des études pour devenir médecin, ouvrant la voie à une dynastie de médecins sur cinq générations.

Bibliographie : Le Calvaire des innocents, de Jean-Paul Grellier – Ed. Cheminements ; Marie-Jeanne la Vendéenne T. I et II, de René Charrier – Ed. Cheminements ; Paris contre la province, les guerres de l’Ouest 1792-1796, de Jean Tabeur – Economica ; La Révolution en héritage 1789-1799, hors série du quotidien "Le Monde"




 
Numéro 249 – décembre 2009
   
 


En couverture, extraite de Au temps de la Révolution française, éditeur Hachette, une illustration de P. Probst représentant la Vendée mise à feu et à sang par les colonnes infernales. En avant dernière et dernière de couverture, lire à ce sujet un passage de Histoire de la guerre de la Vendée et des Chouans, de Alphonse Beauchamp.  

 

Petit tour d’horizon sur les interrogations courantes du public au sujet de la guerre de Vendée : l’éditorial de notre Président Jehan de Dreuzy propose quelques réponses très pertinentes.

 

La bataille de Pontlieue (12 décembre 1793) : sur la base de documents d’archives incontestables, et d’analyses de Mémoires, Pierre Gréau nous livre un document de référence concernant les trois moments forts du passage des Vendéens dans la cité mancelle : combats du mardi 10 décembre sur l’Huisne pour s’emparer de la ville, bataille du jeudi 12 au sud et dans l’agglomération de Pontlieue, massacres du vendredi 13 dans la ville du Mans. Ce texte remarquable est complété de deux annexes : l’arrêté du 12 floréal an III du Comité de salut public amnistiant d’Autichamp et de Bernetz, une liste de Vendéens tués au Mans, par départements d’origine.

 

Le retour épique de la Guyane de l’abbé Ténèbre en 1801 : l’abbé Ténèbre déporté en Guyane en avril 1798, retrouve sa Vendée en 1802, mais après une longue errance. A partir d’un document trouvé au Québec par Mme Williams-Sossler, Laurent Charrier, biographe de l’abbé, a pu reconstituer les avatars de ce retour qui prendra près d’un an dont six mois sur mer et le conduira dans « la belle province », avant de débarquer à Cherbourg et d’y demeurer six mois avant de rejoindre enfin les Sables-d’Olonnes le 29 juillet 1802, après bien des souffrances comme compagnes de voyage, mais soutenu par une foi sans faille.

 

Le précis d’histoire de la guerre de Vendée, du docteur Charles Coubard (1946). Il s’agit ici de la suite du Chapitre XII couvrant la période post Savenay jusqu’au grand massacre de la forêt de Vezins et la riposte de Stofflet par sa victoire des Oulleries (27 mars 1794) sur la division des massacreurs.

 

Identité nationale : dans la rubrique « Echos du Souvenir Vendéen », texte de l’intervention à l’Assemblée nationale de Dominique Souchet, député de la Vendée. De haute tenue, à lire et méditer.

 

Bibliographie : Les derniers Chouans du Morbihan 1830-1850 par Jean Gillot – Ed. Keltia Graphic ; Histoire des Templiers en Bretagne par Louis-Christian Gautier – Ed. Yoran Embanner ; Richelieu, de l’évêque au ministre, actes du colloque de Luçon du 25 avril 2008, n° 16 de « Recherches Vendéennes » annuaire de la Sté d’Emulation de la Vendée et revue du CVRH ; La Révolution française pour les Nuls par Alain-Jacques Czouz-Tornare – First Editions.